LES MERVEILLES DU CALCIUM (SUITE)
Recherches
Ostéoporose. Les résultats d’une synthèse de 15 essais menés auprès de 1 806 sujets suivis pendant deux ans ou davantage indiquent que le calcium est légèrement plus efficace qu’un placebo pour freiner la perte osseuse chez les personnes souffrant d’ostéoporose. En matière de prévention, les études et synthèses les plus récentes contribuent à établir l'efficacité du mélange calcium et vitamine D pour la prévention de l'ostéoporose chez les personnes vieillissantes, particulièrement chez les femmes postménopausées.
Les recherches se concentrent désormais davantage sur les autres facteurs qui pourraient augmenter l'absorption du calcium ou ralentir la perte du calcium osseux. À ce titre, on a récemment établi qu'une supplémentation en calcium favorise l’effet bénéfique d’un apport complémentaire de protéines, ce qui augmente la solidité des os chez les personnes âgées. On estime également qu'un apport adéquat en calcium chez les femmes préménopausées pourrait contribuer à prévenir l'ostéoporose. Aujourd'hui, la supplémentation en calcium ne joue plus un rôle exclusivement préventif puisqu'elle fait désormais partie du traitement médical de l'ostéoporose, souvent en conjonction avec une supplémentation en vitamine D et un traitement hormonal. L’association calcium et ipriflavone a également fait ses preuves dans la prévention et le traitement de l'ostéoporose : voir la fiche sur l'ipriflavone pour en savoir davantage sur les recherches.
| Note. Pour être efficace, la supplémentation en calcium et en vitamine D doit être continue, car les acquis osseux disparaissent rapidement lorsqu’elle est arrêtée. |
Syndrome prémenstruel (SPM). Deux études préliminaires (43 sujets en tout) et un essai à double insu avec placebo portant sur 466 femmes suivies durant trois cycles menstruels indiquent qu'une supplémentation de 1 g à 1,5 g de carbonate de calcium par jour est plus efficace qu'un placebo pour soulager les symptômes liés au syndrome prémenstruel : dépression, rétention d'eau et douleurs. Deux synthèses publiées en 2003 ont également conclu que l’effet bénéfique de la supplémentation en calcium pour soulager le syndrome prémenstruel était bien documenté.
Les chercheurs pensent que le syndrome prémenstruel pourrait être, en partie, la manifestation d'une carence en calcium. Ceci est appuyé par le lien inverse récemment établi entre l’apport nutritionnel en calcium et le risque de syndrome prémenstruel.
Prévention du cancer colorectal. Les résultats d’une méta-analyse de 10 études de cohorte menées dans cinq pays auprès de 534 536 sujets suivis durant des périodes variant de 6 ans à 16 ans indiquent qu’un apport alimentaire adéquat en calcium (produits laitiers dans le cas de ces études) permet de diminuer légèrement le risque de souffrir d’un cancer colorectal.
Par ailleurs, aucun essai clinique ne s’est penché sur l’effet d’un supplément de calcium sur le risque de souffrir de ce cancer. Cependant, au moins deux essais cliniques à double insu avec placebo ont menés auprès de 1 346 sujets : leurs résultats démontrent que la prise de 1 200 mg à 2 000 mg par jour de suppléments de calcium peut contribuer modérément à prévenir la récurrence des polypes intestinaux, qui constituent un facteur de risque du cancer du côlon. Cet effet serait plus prononcé sur les polypes de grande taille.
Les résultats d’une étude cas témoins publiée en novembre 2004 vont dans le même sens. Au cours de cet essai, on a comparé le régime alimentaire et la consommation de suppléments de calcium de 3 696 sujets présentant des polypes intestinaux à ceux de 34 817 sujets n’en ayant pas : les chercheurs ont constaté qu’un apport global élevé en calcium (plus de 1 767 mg par jour) réduisait légèrement le risque de polypes (-12 %) par rapport à un apport faible (731 mg/jour). Ils ont également observé que la prise de suppléments de calcium (plus de 1 200 mg par jour), en plus de l’apport alimentaire, avait un effet plus marqué, soit une réduction de 27 % du risque par rapport au fait de n’en prendre aucun. Les auteurs de trois synthèses récentes ont conclu que le calcium a un effet protecteur contre le cancer colorectal.
Des chercheurs ont aussi constaté que le taux sanguin de vitamine D (mesure du 25 hydroxycholecalciférol) semble jouer un rôle important dans l’effet protecteur d’une supplémentation en calcium : selon leur étude, il est en effet présent chez les sujets dont le taux de 25 hydroxycholecalciférol est égal ou supérieur à 29,1 ng/ml, tandis qu’il ne se manifeste pas chez ceux dont le taux est inférieur à ce chiffre.
Hypercholestérolémie. Des études sur les animaux et des études cliniques effectuées de 1965 à 1972 indiquent que des doses élevées de calcium réduisent le taux de cholestérol. Des données épidémiologiques ont également établi une relation entre une consommation élevée de calcium et une réduction du risque de maladies cardiaques. Les résultats d’essais cliniques plus récents ont été encourageants, mais l’effet du calcium reste modeste. Certains chercheurs estiment qu’un apport adéquat en calcium constitue un adjuvant utile pour le traitement de l’hypercholestéolémie, mais l’effet du calcium n’est pas toujours statistiquement significatif. Ainsi, une étude d’une durée de quatre mois portant sur 193 sujets n’a pas été concluante au chapitre de la baisse du taux de cholestérol des participants, notamment ceux dont le taux de cholestérol était élevé : les sujets avaient pris soit 1 g de calcium, soit 2 g, soit un placebo.
Prévention des fractures. Une étude à double insu avec placebo a été menée auprès de 1 460 femmes (âgées d’environ 75 ans) et publiée en 2006. La prise de 1 600 mg d’un supplément de carbonate de calcium, durant cinq ans, a réduit du tiers l’incidence des fractures osseuses attribuables à l’ostéoporose, par rapport au placebo, mais seulement chez un sous-groupe de participantes ayant été fidèles au traitement.
Hypertension. Au cours de nombreuses études, on a constaté l'existence d'un lien, encore mal compris, entre l'hypertension artérielle et un mauvais métabolisme du calcium, qui se manifeste notamment par une mauvaise rétention de ce minéral. Des chercheurs pensent que le calcium de source alimentaire pourrait contribuer à maintenir une tension artérielle normale et ainsi protéger le système cardiovasculaire, notamment celui des femmes, chez lesquelles l'incidence des troubles cardiovasculaires augmente à la ménopause. Par ailleurs, les résultats d’un vaste essai portant sur un régime alimentaire conçu pour freiner l’hypertension (Dietary Approaches to Stop Hypertension – DASH) indiquent qu’une alimentation riche en produits laitiers faibles en gras, et en fruits et en légumes (donc en calcium, en potassium et en magnésium) permet d’abaisser de façon significative la tension artérielle et peut constituer un adjuvant efficace pour le traitement de l’hypertension artérielle.
Au chapitre de la supplémentation, l’efficacité clinique du calcium n’est pas établie. D’après deux méta-analyses (1996 et 1999), la prise de suppléments de calcium n’entraînerait qu’une très modeste réduction de la pression artérielle. De plus, au cours d’une étude clinique plus récente (2000), le calcium n’a pas eu plus d’effet sur la tension artérielle qu’un placebo. Il se pourrait tout de même qu’un apport supplémentaire en calcium soit bénéfique aux personnes dont l’alimentation est carencée en ce minéral. Les auteurs d’une méta-analyse indiquent par ailleurs qu’une supplémentation en calcium pourrait aider à prévenir les troubles de la tension artérielle qui surviennent parfois en fin de grossesse (hypertension, oedème), mais cela reste à confirmer.
Contrôle du poids. Depuis quelques années, des études épidémiologiques ont permis d’émettre l’hypothèse que le calcium et les produits laitiers, notamment la portion dite « petit-lait », pourraient contribuer à contrer l’obésité et l’embonpoint. Cependant, les résultats des essais cliniques menés jusqu’à présent sont loin d’être concluants : l’auteur d’une synthèse d’essais cliniques soulignait, en 2003, que seulement deux des neufs essais analysés avaient donné des résultats positifs quant à l’efficacité du calcium ou des produits laitiers dans la perte de poids ou la prévention de l’embonpoint et de l’obésité. D’autres travaux (études épidémiologiques et essais cliniques) menés depuis ont donné des résultats positifs et négatifs. Les chercheurs ne s’entendent donc pas sur l’impact du calcium et des produits laitiers sur le poids corporel, les uns le qualifiant d’important, les autres, de mineur.
Attention
Insuffisance rénale ou hyperparathyroïdie. Consulter un médecin avant de prendre un supplément de calcium.
Calculs rénaux. La recommandation de réduire l’apport alimentaire en calcium chez les personnes souffrant de calculs rénaux n’est pas justifiée, car de récentes données indiquent que la consommation d’aliments riches en calcium aurait plutôt un effet protecteur. Bien que le lien entre la consommation de suppléments de calcium et la formation de calculs rénaux ne soit pas validé par les recherches, certains experts recommandent de s’abstenir d’en prendre.
Cancer de la prostate. Il existe une hypothèse scientifique voulant que le calcium fasse baisser le taux de vitamine D, un des facteurs naturels de protection contre le cancer de la prostate. Les études épidémiologiques évoquant l'existence possible d'un lien entre un apport élevé en calcium et l'incidence de cette maladie ont donné des résultats contradictoires. Bien que les résultats de certaines études permettraient d’établir un lien entre la consommation de produits laitiers et le cancer de la prostate, les résultats d’autres études ne le permettent pas ou indiquent que les preuves de son existence sont trop faibles pour tirer des conclusions définitives quant à la réalité de cet effet. D’autres données indiquent que s’il existe un lien entre la consommation de calcium et le cancer de la prostate, il serait plutôt faible et dépendrait d’un apport dépassant considérablement les apports nutritionnels recommandés. Par ailleurs, on a récemment émis l’hypothèse que c’est au lait, plutôt qu’au calcium, que cet effet pourrait être attribuable, en raison de sa teneur en oestrogènes, en protéines et en cystéine. On a fait remarquer que, chez les hommes asiatiques, qui tirent principalement leur calcium du soya et de divers légumes plutôt que des produits laitiers, l’incidence du cancer de la prostate est moins élevée que chez les Occidentaux.
Apport maximal tolérable. Les autorités médicales canadiennes et américaines ont fixé à 2 500 mg par jour l'apport maximal tolérable. Il s'agit de la quantité quotidienne la plus élevée qu'on puisse prendre de façon continue sans risque probable de souffrir d'effets indésirables. Les experts estiment la dose toxique de calcium à 5 g par jour, mais considèrent qu'il faut absorber plus de 20 g par jour pour provoquer une hypercalcémie.
Contre-indications
En cas de sarcoïdose (maladie rare, dans une certaine mesure semblable à la tuberculose, attaquant principalement la peau et les ganglions lymphatiques), la supplémentation en calcium pourrait provoquer une hypercalcémie.
Effets indésirables
Irritation gastro-intestinale, éructations, gaz intestinaux, constipation.
Bien qu'aucune donnée scientifique n'appuie cette assertion, on a rapporté que le carbonate de calcium pouvait provoquer la constipation.
Avec des plantes ou des suppléments
L'absorption du fer et du zinc peut être entravée par le calcium. On recommande de ménager un intervalle de deux heures entre la prise de suppléments de calcium et de ces minéraux.
On a longtemps pensé que la prise conjointe de suppléments de calcium et de magnésium pouvait inhiber l’absorption de l’un ou de l’autre de ces minéraux. Les experts estiment aujourd’hui que si cet antagonisme existe, il n’a aucun effet clinique mesurable.
Avec des médicaments
Bisphosphonates(tel que l'acide alendronique). Ces médicaments contre l’ostéoporose inhibent l'activité des ostéoclastes : ils doivent être pris deux heures avant ou après un supplément de calcium.
Amiloride. Ce médicament diurétique et hypotenseur réduit l'excrétion urinaire du calcium.
Aténolol. Il semble que le calcium fasse baisser les taux sanguins de cette substance bêtabloquante.
Gentamicine. Le calcium semble exacerber la toxicité de cet antibiotique.
Antibiotique à quinolone et dérivés de la tétracycline. Le calcium semble diminuer l'absorption de ces antibiotiques. Prendre à deux heures d'intervalle.
Le calcium est commercialisé sous forme de sels (carbonate, citrate, malate, lactate, gluconate, etc.) dont la teneur en calcium élémentaire varie beaucoup. La teneur est indiquée en milligrammes de calcium élémentaire. Ces suppléments de calcium sont offerts sous trois formes différentes dans le commerce :
De source naturelle (poudre d'os, coquilles d'huîtres moulues ou dolomite), une forme relativement peu coûteuse. Certains auteurs ont signalé la présence possible de plomb dans ce type de substance naturelle, mais on estime généralement que, lorsque c'est le cas, les quantités de plomb sont si minimes qu'elles peuvent être considérées comme insignifiantes du point de vue de la santé humaine, d'autant plus qu'il est connu depuis le siècle dernier que le calcium procure à l'organisme une certaine protection contre l'empoisonnement au plomb. Par mesure de précaution, choisissez un supplément de calcium de source naturelle seulement si le fabricant indique que la teneur en plomb de son produit est en dessous du seuil acceptable. En 1997, des suppléments de calcium à base de corail fossilisé ont fait leur apparition sur le marché nord-américain. D'intenses campagnes publicitaires présentaient le calcium de corail comme une panacée. Pour en savoir plus sur ces suppléments, consulter notre fiche sur le calcium de corail.
Carbonates de calcium. Ces suppléments de synthèse ou de semi-synthèse sont les plus répandus et probablement les moins chers. On pense qu'ils peuvent toutefois causer de la constipation et des ballonnements et qu'ils pourraient être moins bien absorbés par l’organisme des personnes dont les taux d'acide gastrique sont faibles. Ils sont d'ailleurs mieux absorbés lorsqu'ils sont pris juste avant ou au début d’un repas, pendant que le taux d'acidité de l'estomac est élevé. Le carbonate de calcium contient 40 % de calcium élémentaire.
Calciums chélatés. Dans ces produits, l'élément calcium est lié (chélaté) à un acide organique (citrate, malate de citrate, lactate, gluconate, aspartate, acide aminé ou orotate). Selon le pharmacien Jean-Yves Dionne, les calciums chélatés offrent une absorption supérieure de 40 % à celle des autres sels de calcium et ils sont avantageux pour les personnes dont les taux d’acide gastrique sont faibles (notamment les personnes âgées), car l’absorption de ces suppléments n’est pas influencée par l’acidité de l’estomac. Ils sont plus coûteux et plus volumineux (ce qui exige d'ingérer plusieurs gros comprimés). Ils sont aussi recommandés aux personnes qui prennent des médicaments réduisant l'acidité gastrique. Le citrate de calcium contient environ 20 % de calcium élémentaire.
NOTA BENE : LES DIFFERENTES FORMES DE CALCIUM DE TIANSHI SONT BIEN INDIQUÉES POUR PALLIER A TOUTES SORTES DE MALADIES LIÉES A LA CARENCE EN CALCIUM.